Mais qu’est-ce que la gestion holistique ?

Depuis le mois de Mars je suis dans le sud-est de l’Australie où la gestion holistique, a été développée depuis les années 90. A ce stade du voyage les personnes rencontrées m’ont permis de mieux comprendre ce concept.

Plus qu’un type d’agriculture je vois aujourd’hui que ce concept développé par Allan Savory est un ensemble d’outils pour prendre des décisions cohérentes écologiquement, financièrement et socialement et de s’assurer qu’elles soient mises en place

  • Où vais-je ? => l’objectif

La première étape consiste à décrire la situation dans laquelle on voudrait vivre en prenant en compte la performance économique, la qualité de vie et l’environnement naturel et relationnel. Ce « contexte » que l’on a défini sert à tester chaque action envisagée pour évaluer sa cohérence grâce à une série de questions. Ainsi on s’assure que chaque décision soit prise en accord avec ce que l’on désire

  • Comment et en combien de temps , avec quels moyens ? => la planification

Des outils de planification sont intégrés à la gestion holistique. Le plus connu est le plan de pâturage, pour les éleveurs : il reprend les bases d’André Voisin en l’adaptant aux régions semi-arides. D’après les agriculteurs que j’ai rencontrés, l’établissement du plan permet d’éviter le surpâturage et d’assurer une « réserve » d’herbe sur pied en cas de sécheresse. Le résultat : une amélioration de la productivité des prairies, et un rééquilibrage de la biodiversité grâce à la diversité de la flore. Pour moi le grand avantage de cette approche est qu’elle permet à l’agriculteur d’être proactif. Par exemple, un éleveur suivant son plan de pâturage pourra décider de vendre ses animaux en trop bien avant que la sécheresse ne s’installe ou que les prix ne tombent trop bas. Un agriculteur que j’ai rencontré m’a dit « j’ai moins de vaches cette année mais elles n’ont pas disparu, elles sont simplement dans la banque ». Si la saison prochaine est plus favorable, il augmentera son nombre d’animaux.

L’établissement d’un planning prévisionnel financier suit la même logique proactive. Le revenu nécessaire à la qualité de vie souhaitée est fixé en premier. Ce n’est qu’une fois le revenu assuré que l’on considère les différentes catégories de dépenses. Cette façon de considérer le revenu en premier est un des principes de base de la gestion financière holistique. Cette approche amène l’agriculteur à faire pression sur ses charges tout en étant innovant pour ne pas réduire sa production. Ici en Australie, cette manière d’établir un prévisionnel a permis à de nombreux agriculteurs de sortir de l’endettement.

  • Y suis- je arrivé, suis-je en bonne voie ? => Le suivi et l’amélioration continue

Un autre aspect important de la prise de décision en gestion holistique est le suivi. Une observation systématique après la mise en place permet de vérifier que la décision prise apporte bien les résultats souhaités et dans le cas contraire de s’adapter.

Cela passe par la mise en place d’indicateurs. En fait, quand on se fixe des objectifs, on met souvent en place, en parallèle, des indicateurs qui permettent de suivre l’atteinte ou non de l’objectif.

Exemple : Objectif : “ne pas travailler le dimanche”. Indicateur : nombre de dimanches travaillés. L’objectif serait 0. Si ce chiffre n’est pas atteint, on se demande alors quoi modifier pour l’atteindre.

Bien qu’elle soit née dans l’agriculture, la gestion holistique peut être utilisée dans n’importe quelle domaine car c’est avant tout un outil d’aide à la décision. La planification financière peut très bien appliquée à une association ou à un budget de ménage par exemple.

En bref, clarifier ce que l’on veut pour sa vie, tester les décisions, planifier leur mise en place, et suivre leurs conséquences sont des points clés de la gestion holistique que je continue de découvrir. Je pense que c’est un outil pertinent car on prend trop peu souvent le temps de s’arrêter pour savoir ce que l’on veut vraiment. En effet, à quoi bon prendre des décisions si on ne sait pas ce qu’on veut dans la vie ?

1 comment on “Mais qu’est-ce que la gestion holistique ?Add yours →

  1. Bonjour Victor,
    Tu ne me connais pas, mais moi, si, un peu !
    J’étais assis aux côtés de Mireille et Fred à la dernière AG BASE à Baugé (49) . Ceux-ci m’avaient briefé rapid’ sur ton projet de l’époque…l’Australie en famille !
    Mireille en avait même les yeux émus, tant son souvenir de l’Australie était fort….!
    Je dois dire que ta présentation “éclair”sur la Gestion Holistique m’avait interrogé, sans me laisser de réponses claires sur la signification de “cette nouveauté”. J’avais déjà entendu le mot une fois, dans un autre contexte, ce qui m’avait poussé vers le P’tit Robert…!
    Cette nouvelle explication documentée était nécessaire je l’avoue, c’est à présent beaucoup + clair dans ma tête !
    J’ai particulièrement apprécié ta conclusion “pourquoi prendre tous les jours des décisions, si tu ne t’es jamais vraiment demandé ce que tu voulais faire de ta vie”.
    (à par venant du Delai Lama, j’ai rarement entendu de paroles aussi sensées.) je parle sérieusement.
    Bravo en tout cas pour le retour d’expérience, ce type d”aventure ne doit pas laisser le cow-boy sans ressources universel.
    Au plaisir de se rencontrer, à travers BASE peut-être…?
    JPaul GRELARD (49140)

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