Ian et Helen Lewis : pâturage holistique

Ian, Helen et leurs deux enfants habitent au sud du Queensland sur la ferme Picot, nommée d’après un français qui avait une propriété à cet endroit.

Vue depuis le haut de la ferme, au loin le col de Cunningham du nom de l’explorateur entrée dans cette vallée avec ses moutons en 1828.

En plus d’être mère de famille et agriculture, Helen est formatrice en Holistic Management avec Learn @ Picots Farm et travaille à l’extérieur. Ian est géomètre, et ensemble ils ont commencé à racheter la propriété familiale, pour préparer la reprise en totalité dans quelques années.

Installés sur la ferme Picot depuis 2012, ils ont pour l’instant 150 vaches réparties sur 400ha. Le climat est assez rude avec des pluies seulement estivales et des hivers secs. La pluviométrie est irrégulière d’une année à l’autre : l’année 2016 est pour l’instant très sèche sans pluies significatives, alors que 2015 a été une bonne année, et 2014 une année sèche … Avec de tels à-coups climatiques et des sols superficiels, la gestion du pâturage et du chargement est très délicate.

L’objectif de Helen et Ian est que la ferme soit à terme leur activité principale et soit donc économiquement viable. Ils ont déjà développé leur réseau de consommateurs et vendent leur viande en direct : la demande est au rendez-vous ! A ce stade, ils évaluent comment les prairies naturelles répondent au pâturage holistique.

Évaluation de la flore des prairies

Helen et Ian planifient le pâturage à travers leur propriété. Le plus important est d’avoir une période de repousse suffisamment longue entre deux pâturages, pour permettre aux graminées pérennes de se développer. Dans cet écosystème, le surpâturage entraine la disparition de ces espèces, qui sont remplacées par des adventices annuelles. Avec un climat sec, les graminées pérennes sont recherchées pour leurs racines profondes qui leurs permettent de rester vivantes plus longtemps. Suivant la qualité du sous-sol, elles permettent également de remonter des profondeurs des éléments minéraux manquants à la surface.

La propriété d’Helen et Ian est donc divisée en « paddocks » où les animaux restent 3 à 4 jours. Ils sont encore loin des changements de paddocks quotidiens comme ils ont peu d’animaux et peu de temps. Cette planification de la rotation du troupeau permet au moins une longue période de repousse qui laisse le temps à l’herbe de se régénérer.

Helen fait donc des relevés de la surface du sols tous les ans à deux endroits différents de la propriété pour évaluer le bénéfice de leur pratique. La méthode est simple : à partir d’un point fixe elle lance une fléchette (ou un jalon) pour choisir une placette au hasard. Ensuite, elle évalue et note sur un tableau la quantité de mulch, son niveau de décomposition, la couverture végétale vivante, la présence d’animaux, de plantes pérennes, etc. Par des indicateurs simples et généraux on peut évaluer la santé de l’écosystème de la prairie. Par exemple si on observe du mulch et des animaux décomposeurs, on peut penser que le sol est en bonne santé, et par extension que le cycle de l’eau et des minéraux est aussi “efficace”. A l’inverse si le sol est nu, et qu’il n’y a pas de plantes pérennes, alors cela est signe de surpâturage et il faut peut être revoir le plan de pâturage.

Le suivi tient une grande place dans la gestion holistique. En effet il s’agit de s’assurer que les décisions prises produisent bien l’effet souhaité. En grandes cultures, on pourrait par exemple imaginer des comptages de vers de terre pour évaluer l’impact des TCS. L’important  est de s’assurer de faire les observations au même endroit années après années.

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